Témoignage de MAGGY :
Bonjour Monsieur RUBIO,
Pardonnez-moi de n'avoir répondu plutôt à votre missive étant fort occupée par la mise en
place de l'infrastructure de la gestion administrative de l'association loi
1901 qui m'emploie actuellement, après avoir été sous contrat C.E.S.
(jusqu'à fin Mai 2003), la
DDTEFP ayant donnè son accord pour le contrat C.E.C.
consécutif (T.H.) , en principe sur 5 ans mais renouvelable tous les ans, donc sans
possibilité d'anticipation quant aux ressources !
J'adhère pleinement à votre projet tant il va dans le droit fil de ce que je pense
depuis de nombreuses années et je salue votre initiative ainsi que le courage que cela implique.
J'avais déjà été en contact avec un "Webmaster" qui avait créé un site à l'attention
des
HANDICAPES et de leur retour à l'emploi, mais malheureusement j'ai été informée
en début d'année 2003 que celui-ci a dû s'arrêter n'ayant pu trouver les capitaux nécessaires
à la poursuite de son fonctionnement !
Le comble en cette
ANNEE DES HANDICAPES et lorsque l'on connaît les sommes
énormes récoltées par l'
AGEFIPH en particulier et dont elle ne sait que faire si
l'on en croit la presse régionale !
Merci de me faire savoir par quelle voie vous avez eu connaissance de mon existence,
pour ma simple information et afin de remercier la personne ou l'organisme qui vous
a dirigé vers moi.
Voici les raisons pour lesquelles je suis autant motivée pour permettre à d'autres
de ne pas vivre le cauchemar que j'ai personnellement connu.
Depuis le début des années 80 et l'explosion de la micro-informatique, je suis
persuadée que le télétravail est la voie de l'avenir pour de nombreux salariés
mais principalement pour les Cadres car, à de rares exceptions près, je pense qu'il est
indispensable que le "télétravailleur" soit capable de se prendre en charge et de gérer
ce type particulier d'activité afin de ne pas se laisser détourner de l'objectif final :
mener à bien la mission qui lui est confiée dans les formes, conditions et délais impartis.
Ce qui est la vocation première d'un Cadre mais pas forcément celle d'un salarié soumis à sa
hiérarchie qui lui distribue et organise son travail.
J'en suis d'autant plus persuadée que mon secteur d'activité ayant été depuis 1964 le
Commerce International et titulaire d'un
D.E.S.S. COMMERCE EXTERIEUR j'ai occupé à ce
titre les fonctions de Responsable Administratif
EXPORT au sein de PME importantes et
en dernier de
CHARGE DE MISSION auprès d'un Organisme de Promotion (Ass. Loi 1901)
dépendant d'un
CONSEIL GENERAL.
J'avais donc suivi de près l'évolution de la bureautique, de l'informatique et des
télétransmissions qui nous permettaient, enfin, de ne plus être "esclave" des décalages
horaires et autres contraintes techniques - j'ai connu l'époque où il était nécessaire de
se rendre à 2h du matin à son bureau pour pouvoir, après avoir été mis en contact par un
opérateur, téléphoner 5 mn avec son correspondant en Amérique p. ex. et attendre près d'un
mois pour avoir une réponse écrite sur une demande adressée par lettre ! Mais l'automatisation
des communications téléphoniques, puis la généralisation du télex et enfin du fax
(quel bonheur de pouvoir envoyer quasi-instantanément un document imprimé ou comportant
des images à l'autre bout du monde et l'avoir dans les plus brefs délais la réponse appropriée)
puis la visioconférence (pouvoir discuter avec son correspondant du document transmis via écran
interposé). Révolution encore plus grande avec l'apparition et la vulgarisation des PC,
de l' Internet , des scanners et des Webcams.
En 1988 une maladie orpheline gravement handicapante et sans traitement codifié a mis
fin à ma carrière professionnelle ne me laissant plus que quelques mois à vivre.
Appliquant à ma vie privée certains principes mis en oeuvre dans ma vie professionnelle
(étude de marché : le débouché à trouver étant un traitement médical), j'ai découvert la
voie d'un traitement expérimental élaboré spécialement pour moi par un acupuncteur de
renommée internationale qui m'offre une survie exceptionnelle avec un relatif confort de vie.
(Grâce à celui-ci 3 autres personnes dans le monde ont pu ainsi être "dépistées" et bénéficier
de ce traitement par d'autres acupuncteurs spécialement formés par le mien).
Et ceci va même au-delà de cet objectif puisque depuis 1998 - soit dix ans plus tard -
la reconnaissance de Travailleur Handicapé m'a été attribuée par la
COTOREP -
à ma demande insistante - ce qui m'a autorisée à reprendre une activité professionnelle
aménagée en fonction de mon handicap qui, en ce qui me concerne, ne peut passer que par
le télétravail, tout déplacement régulier vers un lieu de travail étant source d'extrême
fatigue et au détriment de ma capacité de travail, ayant à gérer un certain capital
d'énergie par jour tant en quantité qu'en plages horaires. En prévision de cela,
je m'étais équipée (avec l'aide financière de ma famille) d'un outil informatique
à orientation professionnelle (PC, imprimante Laser) et je me suis formée à mon rythme
et grâce aux conseils de mon frère (formateur en informatique) à l'informatique de bureau
puis à Internet. Le tout à mes frais personnels car à aucun moment je n'ai reçu les aides
ou l'assistance à laquelle je peux prétendre sur la base de cette reconnaissance de
Travailleur Handicapé, malgré toute ma volonté démontrée de retravailler, les multiples
dossiers préparés et présentés par mes soins, mais avec un impératif - ne pas perdre mon
statut de salarié titulaire d'une pension d'invalidité 2ème catégorie versée par la
Sécurité Sociale afin de me garder un semblant de sécurité financière en cas de rechute
ou de nouvelle évolution défavorable de cette maladie dont on ignore tout - car pour moi
il aurait été (du point de vue intellectuel) fort simple de fonctionner en tant
qu'
INDEPENDANT ou en
PROFESSION LIBERALE mais cela l'aurait été au détriment de ma
couverture sociale. J'ai exploité toutes les "niches" : du portage salarial au temps partagé ...
rien n'y a fait, le télétravail n'étant pas encore entré dans les mÏurs des chefs d'entreprise
français et encore bien moins dans celui des structures administratives qui devraient nous venir
en aide qui n'ont que contribué à me faire perdre du temps sans aucun résultat positif
voire même
(ANPE) me mettre dans une situation financière délicate après que, sur leurs
conseils et étude de mon dossier, j'avais enfin trouvé la
FORMATION SUR LE TELETRAVAIL
que je recherchais depuis de nombreuses années et qui était dispensée en 1999 par le
GRETA (où j'avais des relations personnelles ayant été intervenant pour cet organisme)
de
DRAGUIGNAN (Var), ces mêmes services et la même personne chargée de mon dossier ont
refusé mon indemnisation et la prise en charge de la formation au prétexte que je ne
remplissais pas les conditions d'éligibilité !!! Car ne pouvant justifier du minimum
d'heures de travail requis Ð et pour cause puisque j'ai dû me battre pendant de nombreuses
années afin de pouvoir retrouver mon << droit au travail >> ! Alors que je devais percevoir
environ 13.000 F par mois durant toute la durée du stage (environ un an) avec prise en
charge des frais de formation !
Fort heureusement, cette formation était gratuite et je disposais de tout l'équipement nécessaire !
Et ne vivant depuis 1989 qu'avec environ 4.000 F par mois - sur lesquels je dois assumer les frais
de mon traitement médical qui n'est pas pris en charge par la Sécurité Sociale n'entrant pas dans
le cadre de sa Nomenclature de 1947 malgré A.L.D. reconnue et acceptée qui "mange" pratiquement
toutes mes ressources - j'ai appris à vivre avec peu et de la "charité chrétienne" de mon entourage
familial et amical proche en particulier sans lesquels je n'aurai pu survivre.
Mes démarches personnelles en quête de travail ont enfin abouti début 2002 après avoir pris
contact avec une association Loi 1901 active dans l'accompagnement des cadres en mutation
professionnelle démarrant son activité dans les
ALPES-MARITIMES dont le Président a bien
voulu me témoigner sa confiance. Mais ceci implique malgré tout des déplacements sur mon
lieu de travail.
Paradoxe : je me trouve donc dans l'obligation impérative de travailler pour disposer des
ressources financières suffisantes pour couvrir les frais de mon traitement médical
(600 séances d'acupuncture environ depuis Juin 1989 à mes frais) grâce auquel je suis en survie
exceptionnelle depuis 15 ans maintenant ! A un coût pour la Sécurité Sociale le plus bas
possible et imaginable pour une maladie d'un tel degré de gravité à issue fatale et handicap
lourd puisque
je ne "coûte" que 63,00 F par semaine à cet organisme auxquels s'ajoutent les
frais de transports pour me rendre chez ce médecin à NICE (seul structure de traitement dans mon cas)
soit encore environ 150,00 F par voyage SOIT MOINS DE 300,00 F PAR SEMAINE alors que ceci a
permis de supprimer les hospitalisations en détresse (suite à collapsus), à limiter le suivi
médical par le praticien hospitalier qui me suit depuis 1988 à 1 (une) ou 2 (deux) consultations
annuelles et encore pour un "chek-up" permettant d'obtenir des chiffres objectifs sur
l'évolution de la maladie.
Malgré ces résultats et la formidable économie que cela représente pour la Sécurité Sociale
(dont je paie la R.D.S. bien que je n'en aggrave pas le déficit) la
C.P.A.M. a refusé suite
à mon déménagement dans le même secteur - qui a eu pour conséquence là encore de restreindre
le nombre de séances de soins à une par semaine actuellement - la prise en charge des déplacements
nécessités par ce traitement alors que ceci était accordé depuis 1993 suite à ma demande faite
à la
C.P.A.M. d'un autre département limitrophe où je résidais alors et que je me rendais à
NICE à cet effet (plus de 120 km par trajet avec l'aide d'une personne amie). Mais une
longue procédure intentée à l'encontre de cette décision vient enfin de me donner gain de
cause (pour la prise en charge totale et illimitée des déplacements) ; la question de la
prise en charge totale et illimitée du traitement en lui-même n'ayant pu y être évoquée.
Alors que, dans certaines autres régions les
C.P.A.M. compte tenu du caractère rarissime de
cette maladie prendraient ce traitement en charge sans problème ! Mais, voilà je n'ai pas << choisi >>
la bonne caisse car là aussi on oublie de nous dire que certains types de remboursements
de soins ou de transports dépendent du << bon vouloir >> et de l'orientation prise par
ces organismes de sécurité sociale ! Et, comme si toute cette énorme perte financière que
représente la maladie dont je suis atteinte, n'était pas suffisante, je viens d'apprendre
que - suite aux nouvelles lois - le montant de ma retraite (à partir de 60 ans) ne serait
plus calculé en fonction de mes 10
MEILLEURES ANNEES DE SALAIRES mais sur mes
20 MEILLEURES ANNEES
ce qui a pour conséquence de diviser par deux le montant de celle-ci et qui sera alors près
de la moitié de mes ressources actuelles déjà trop faibles pour m'accorder une vie décente.
Et ce alors que je cotise depuis 1957 et que j'ai cumulé 165 trimestres de cotisation au
Régime Général (et ce à l'âge de 60ans) mais que seuls 150 trimestres (maximum autorisé)
ont été pris en compte ! Comble de l'ironie, non seulement j'ai largement dépassé le nombre
de trimestres requis pour une retraite à taux plein et que les trimestres en plus ne font
l'objet d'aucun supplément Ð étant née en fin Octobre 1943 (dont mise d'office à la retraite
à compter du 1.11.2003), la nouvelle loi entrant en vigueur au 1.1.2004 ne s'applique
pas Ð et pour couronner le tout alors que je percevais un revenu de remplacement issu
de ma pension d'invalidité réduisant des 2/3 ma capacité de travail ou de gain servie
par la Sécurité Sociale justifiant de mon classement en 2eme catégorie (et m'interdisant
à l'époque toute possibilité de travail (ce qui n'est plus le cas la loi de 1987 ayant
heureusement été mise en place entre-temps) toute cette période allant de 1991 à 2003 ne
<<compte pas >> dans ce sens où, si les trimestres sont bien pris en compte pour la durée
de cotisation ... aucun montant au titre de salaires n'est pris en compte pour le calcul
du salaire moyen sur les 20 meilleures années !
Ce qui revient à dire que je suis encore plus << pauvre>> à la retraite que je ne l'étais
<< en invalidité >> puisque n'ayant plus de possibilité de << gain >> la masse salariale
applicable sur 10 ans s'est donc trouvée diminuée de moitié puisque servant de base sur 20 ans !
Pour la petite histoire, je n'ai jamais su ce qu'il aurait convenu de faire pour le 1/3 restant
qui, en bonne logique, aurait dû me permettre de continuer à travailler ou d'être indemnisée
en << chômage partiel >>p. ex.
Mais là, malgré toutes mes recherches et mes questions, personne n'a su me donner la réponse
adéquate ! Je détiens bien entendu toutes les preuves écrites des faits ci-dessus énoncés.
Peut-être faudrait il aussi faire connaître cela à nos Gouvernants qui, à ma connaissance,
n'ont pas prévu le fait que si un
INVALIDE titulaire d'une pension d'invalidité
- revenu de remplacement - versée par la Sécurité Sociale voit bien "ses" trimestres validés
quant à leur nombre pour le calcul de la retraite, il n'en est pas de même en ce qui concerne
les montants des salaires à valider à partir de sa mise en invalidité qui, selon toute
vraisemblance et selon les documents en ma possession, sont arrêtés au dernier salaire
perçu avant le début de son arrêt de travail par suite de maladie ayant entraîné la
"longue maladie" puis "l'invalidité" ce qui signifie pour moi MAI 1986 !
Vous avez tout mon soutien et serai heureuse d'avoir de vos nouvelles. Merci de tout ce
que vous ferez en direction des handicapés. Je vous autorise bien entendu à publier cet
écrit pour témoignage en vous priant toutefois, par égard à mes proches que je n'ai pas
toujours tenus informés de mes problèmes financiers découlant de cette maladie orpheline
et qui, si je n'avais pas eu les connaissances et les compétences en matière de droit et
autres, m'auraient, malgré ma maladie, conduit tout droit à la rue en dépit de toute la
prétendue << protection sociale >> dont on nous rebat les oreilles chaque jour !
On comprend mieux pourquoi il y a tant de SDF qui, comme l'a découvert avec effarement
une association caritative qui souhaitait mettre en évidence l'émergence d'une << nouvelle pauvreté >>
à l'occasion du 50ème ou 100ème anniversaire de sa création, une grande part de ceux qui sont
dans la rue le sont faute d'avoir eu accès à leurs droits acquis des fruits de leur travail !
Et si tout avait été fait pour préserver leurs droits et les leur attribuer, nombre d'entre
eux seraient encore, à l'heure actuelle, dans leur logement avec un travail et une vie de
famille décente et pour certains à nouveau << contribuables >> donc créateurs de richesses
au lieu d'être des << déchets de la société >> (triste à dire et à reconnaître mais oh
combien réel) qui << coûtent >> un argent fou à la société en services sociaux, aides de
toutes sortes bien souvent mangées par les frais de fonctionnement, et grèvent d'importance
le budget de l' Etat, des Régions et des Conseils Généraux maintenant !
Mon CV ci-joint vous permettra de voir mes capacités intellectuelles et tout le bénéfice
qu'une entreprise pourrait en tirer ... si l'étiquette
<< Travailleur Handicapé >> à laquelle
je ne peux me soustraire s'agissant d'un << contrat aidé >> ne me << collait pas autant à la peau >> !
Tout comme dans le monde du travail il y a des << cadres >> et des subalternes, il y a malheureusement
une hiérarchisation dans le handicap et pourquoi ne pas permettre à ceux qui intellectuellement
parlant sont capables de surmonter voire de dépasser leur handicap pour les sortir du
<< ghetto >>
des aides publiques et les replacer dans le monde du travail Ð aménagé certes Ð mais qui leur rend
leur dignité et de permettre à ceux qui, malheureusement, plus gravement handicapés ne peuvent
travailler ce qui dégagerait des ressources pour leur permettre à eux aussi une vie digne !
Nous en sortirions tous grandis ! Puisse votre action aboutir, vous avez tout mon soutien !
Cordialement MAGGY
Témoignage de Madame Christiane GUERIN :
Madame, Monsieur,
Je suis handicapée par une surdité évolutive et je ne trouve pas de travail.
Je suis au chômage depuis au 5 ans avec des emplois style
CES, CIE et
CDD dans
une usine de poulet qui s'est traduit par un échec car le froid et le bruit me
provoquais des malaises.
En 2002 j'ai fait une formation en
BTS assistante de gestion
PME-PMI au bout de
6 mois de recherche intensive je suis toujours a la recherche d'un emploi.
Ma surdité et mon âge (49 ans) pèsent lourd sur la balance de l'emploi. Je pense depuis
longtemps à faire du travail à domicile pour des entreprises mais malheureusement les
moyens me manque car les sites qui proposent ce genre de travail sont payant.
Votre mail m' a redonnée du courage et j'espere vous lire très bientôt.
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l'assurance de mes sincères salutations.
Christiane GUERIN
Témoignage de Monsieur Guy LEROY :
C'est avec grande joie, que j'ai lu le fichier PDF relatif au projet d'association
"Handi-Emploi ".
Ce que vous y relatez est très juste, un point m'a paru très judicieux, c'est celui
où vous dites que pour un handicapé, il faut une formation longue et qualifiante; étant
handicapé, cela fait 3 ans que je prépare au
C.N.A.M de Lille une formation en informatique,
débouchant sur le
D.P.C.T ( équivalent du
D.U.T ), j'en suis fort content, cela donne un sens
et un but à ma vie, certes cette formation est financée sur mes propres deniers, mais je sais
que cette formation ne sera pas vaine, car pour un handicapé il faut sans aucun doute prouver,
peut être plus qu'une autre personne ce que l'on est capable de faire.
Comme vous l'expliquez à votre initiative, et serais heureux de pouvoir me rendre utile.
Cordiales salutations.
Guy LEROY
A l'origine des concepts
Grégoire RUBIO